Historique de l'EHS - Apparition d’un syndrome inexpliqué

Dès les années 50, certains pays de l’Europe de l’Est observèrent de nombreux troubles de santé tels que maux de tête ou insomnies parmi le personnel militaire affecté à l’utilisation, l’inspection ou la réparation d’équipements émetteurs de micro-ondes, à l’époque principalement des radars. L’ensemble des symptômes fut regroupé et désigné sous l’appellation de syndrome des micro-ondes ou syndrome asthénique. Le syndrome fut étudié par les scientifiques locaux (1) et fit l’objet de nombreuses publications dans des revues soviétiques (2).

L’existence d’effets sanitaires ne résultant pas de l’échauffement des tissus resta dans ces pays un sujet d’étude durant les années 60 et 70. Des scientifiques américains parmi lesquels Adey, Frey, Lai, etc. et européens (Johansson) s’inquiétèrent également de l’apparition de possibles effets biologiques non thermiques. La plupart de leurs recherches ne furent cependant pas poursuivies pour raisons budgétaires.

Le terme hypersensibilité électromagnétique (3) fut utilisé pour la première fois en 1994 dans un congrès dans la ville de Graz. Ce terme fut ensuite repris dans un rapport de la Commission européenne en 1997. Ces années furent  marquées par le premier développement exponentiel de nouveaux réseaux de télécommunication sans fil partout en Europe et dans le monde. Parallèlement, la prévalence de l’hypersensibilité aux radiofréquences  utilisées par ces nouveaux réseaux a  donné des estimations toujours en hausse.

 

L’existence de telles estimations associée à un intérêt scientifique grandissant pour ce syndrome inexpliqué ont poussé l’Organisation Mondiale de la Santé à organiser un colloque consacré à ce sujet dans la ville de Prague en octobre 2004. L’aide-mémoire N° 296 qu’elle publie l’année suivante résume ce qu’elle estime être l’état des connaissances de l’époque sur l’hypersensibilité électromagnétique.

 

Le lecteur apprend que ladite hypersensibilité « est caractérisée par divers symptômes que les individus touchés attribuent à l’exposition aux champs électromagnétiques. Parmi les symptômes les plus fréquemment présentés, on peut mentionner des symptômes dermatologiques (rougeurs, picotements et sensations de brûlure), des symptômes neurasthéniques et végétatifs (fatigue, lassitude, difficultés de concentration, étourdissements, nausées, palpitations cardiaques et troubles digestifs)… Si certains rapportent des symptômes bénins et réagissent en évitant autant qu’ils le peuvent ces champs, d’autres sont si gravement affectés qu’ils cessent de travailler et modifient totalement leur mode de vie ».

 

L’aide-mémoire se termine par les conclusions suivantes « ces symptômes ont une réalité certaine et peuvent être de gravité très variable. Quelle qu’en soit la cause, l’hypersensibilité électromagnétique peut être un problème handicapant pour l’individu touché. Il n’existe ni critères diagnostiques clairs pour ce problème sanitaire, ni base scientifique permettant de relier les symptômes de la HSEM  à une exposition aux champs électromagnétiques ». Des conclusions semblables ont été réitérées en 2014 dans l’aide-mémoire N° 193.


Le Conseil Supérieur de la Santé en Belgique et l’Institut Bruxellois pour la Gestion de l’Environnement se sont alignés sur la position de l’OMS dans des avis rendus respectivement en 2010 et en 2011. L’IBGE précisant toutefois qu’il n’est pas exclu que « certaines personnes (intolérantes ou non) puissent percevoir la présence de ces champs électromagnétiques pour des intensités équivalentes à celles auxquelles est, par exemple, soumis l’utilisateur d’un gsm tenu contre l’oreille ». La fiche d’information dudit Institut bruxellois reconnaît également que  «certains effets modérés de l’exposition au gsm ont été observés chez des sujets tout venant (intolérants ou non) sur l’électroencéphalogramme spontané et de sommeil » pour des intensités typiques de celles auxquelles l’utilisateur d’un gsm est exposé, sans toutefois qu’un "impact réel sur la santé ne puisse en être déduit".


Références:
 

(1) Drogochina E.A., Sadchikova M.N., Ermakow E.W., Lysina G.G., Sokolow W.W., etc.

(2) On citera à d’exemple:

  • « Clinical manifestations of and therapeutic in cases of chronic exposures to an SHF field Kapitanenko A.M., 1964 (Traduction).

  • « Disorders of the system in the case of a chronic effect from », M., W.M., B.F., 1967 (Traduction).

  • Radio-frequency electromagnetic waves and their effect on humans, Malysew V.W., Kolesnik F.A., Leningrad (Traduction).

  • UHF EMF exposure of non thermal on the functional stateof the body in workers. Issues of hygiene and EMF effects on the human body, Osipow J.A., Kaljada T.W., Collection of publications L., 1968 (Traduction).

  • « About a peculiar disturbance of the nervous-endocrine system when exposed to currents of high frequency », Piskunowa W.G., Abramowitsch- Poljakow D.K., Wratschebnoje delo 3, 1961 (Traduction).

  • The clinical picture of changes in the nervous sytem which are caused by the effect of radio waves of different frequency ranges, Sadchikova M.N., 1964.

(3) À l’époque actuelle, on parlera (recouvrant (recouvrant l’hypersensibilité électromagnétique, l’intolérance électromagnétique et l’électro(hyper) sensibilité).

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